La langue arabe, comme n’importe quelle langue, s’inscrit dans une tradition. La langue n’est pas qu’un outil de communication neutre. Etudier en arabe revient, d’une manière ou d’une autre, à assimiler (selon la capacité de l’apprenant) les références religieuses et profanes de cette langue. Or, c’est connu, l’arabe est un produit de l’Orient. et celui-ci, en terme de civilisation et de gouvernance, est synonyme de despotisme aveugle : dans ces bleds la, ne comptent que le sultan ou le dieu qui souvent vont de paire, main dans la main, bien au dessus de tout, de la populace, je veux dire des mouches et de la poussière, en bas.
Le choix de l’arabe en tant que langue nationale n’a rien d’innocent - qui douterait de la mauvaise fois de ceux qui nous ont gouverné depuis 62 (hormis Boudiaf). Imposer la langue arabe qui véhicule la conception orientale de la gouvernance, revient à favoriser cette conception funeste de la société et, par conséquent, le règne sans partage de la secte actuellement au pouvoir.
Un peu de neurones suffit à se rendre compte du sort funeste réservé aux langues algériennes. Le berbère et la dardja de nos mamans sont-elle réellement des langues d’oiseaux exotiques ya dinn rreb ? Les responsables algériens qui interdisent à leurs enfants de franchir le seuil de l’école algérienne, qui les envoient étudier en Occident et non pas en Egypte et qui nous imposent à nous l’arabe du VIII e, vous croyez qu’ils le font par amour pour le peupe algérien ? Les nations européennes auraient elles atteint l’épanouissement si elles avaient gardé la langue de la lithurgie, inintelligible pour le commun des citoyens et porteuse, elle aussi de toutes sortes de reflexes autoritaires ? En ce qui me concerne, j ’en doute fort, et l’Algérie n’échappera pas non plus aux lois de l’histoire.