Selon un sondage réalisé par Sétif info, site très consulté par des Sétifiens d’ici et d’ailleurs, 77,3% des électeurs sétifiens n’iront pas voter aux prochaines élections, contre 14,4 % qui vont s’exprimer et 8,3 % indécis.
Est-il nécessaire de tenter d’expliquer, d’essayer de trouver des raisons à ce désintéressement de la population sétifienne ? Pourquoi le Sétifien ne veut pas aller voter ? Est-ce à cause des files qu’on fait à longueur de journée devant les guichets de l’état civil pour un extrait de naissance « original », de l’état des routes que l’on n’a cessé de défoncer et que l’on continue à éventrer, de l’éclairage public qui ne fonctionne pas, des feux tricolores « borgnes » et inutiles, des plaques de signalisation routière qui ont disparu de la circulation, des promesses qui n’ont pas été tenues dans tous les domaines et secteurs, des ordures qui continuent à « embellir » la capitale des Hauts-Plateaux et ses cités-ghettos, de la montagne d’immondices du Souk Abacha, où les gens vont faire leurs courses, des parkings sauvages qu’on laisse s’installer à chaque coin de rue, de la mendicité, la prostitution, le banditisme et la drogue, qui prennent d’assaut la séculaire Sitifis, ou encore de l’anarchie urbanistique , de la gestion qui ne manifeste aucun intérêt pour la population, censée être sa première préoccupation ? Ces causes sont-elles suffisantes, ou en faut-il encore d’autres pour que les candidats, surtout les élus qui sont passés et qui veulent encore revenir faire des affaires, encore des prétendants à la mairie de Sétif, pensent à s’abstenir de solliciter une mission qu’ils ne pourraient pas accomplir ?
Nabil Lalmi, El Watan