Dans ma chambre, je me sens un peu à l’étroit. Dix mètres carré. Remarquez, je ne me plains pas. J’ai appris à y vivre, à y rêver et espérer un avenir meilleur. Durant près de trente ans. En fait, le présent me suffit. Quant au passé, je m’en charge avec quelques rasades de Sidi Brahim et de la musique de mes chers hauts plateaux. Il y a de quoi, même les chiens et les chats vivent mieux que nous. Vous avez vu tous ces rayons de nourriture pour eux dans les supermarchés. Bientôt, on nous (…)
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Exils : de Sétif à Paris
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PARIS (25)
24 septembre 2011, par La rédaction -
PARIS (24)
22 septembre 2011, par La rédactionLa cité à l’air d’un bloc de granit posé sur le sol qui n’a plus l’intention d’en bouger, comme pour bouder le monde environnant. La cité efface le souvenir à la ville pourtant à quelques stations de RER. Cette ville semble être née à l’improviste. C’est une ville étrange, tel un souvenir éphémère des temps. La ville engloutie par l’obscurité ranime les souvenirs. Des nids de cigogne sur le toit d’ardoise de l’académie de la ville natale. J’entends encore la voix de ma mère : « Quand on se (…)
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PARIS (23)
20 septembre 2011, par La rédactionContinuant cette joute oratoire avec Ameyar, je lui indiquai que la question demeure de savoir comment notre pays pourrait s’intégrer dans une autre logique à travers d’audacieuses réformes de l’Etat… Si nous ne voulons pas être de mauvais élèves, il faut sérieusement commencer par la remise en cause du parti unique, la professionnalisation de l’armée, l’émergence de la société civile comme acteur de la vie publique du pays, la séparation des pouvoirs, le respect des droits de l’homme et (…)
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PARIS (22)
18 septembre 2011, par La rédactionLe sachant féru de la chose économique, je n’hésitais pas à lui demander des explications quant à notre déficience… Sa réponse se fit cinglante. Sans appel. D’une manière générale, le bilan du pouvoir algérien fait ressortir les incohérences d’une stratégie et son coût social, la croissance des dépenses improductives, la non-maîtrise de l’appareil productif, la formation de féodalités économiques et politiques, les dangers de l’extraversion et le mépris des masses en prime… Et (…)
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PARIS (21)
16 septembre 2011, par La rédactionSurtout si on affaire à un chef qui se caractérise par son incompétence et qui ne fait pas l’effort d’apprendre les vrais dossiers du pays et de solliciter l’avis des grands spécialistes qui peuvent l’éclairer… Oui, ils débutent tous leur carrière comme « présidents stagiaires » et procèdent souvent à une critique de leurs prédécesseurs. Sans aucune autocritique. Souvent, en proclamant dans leurs creux discours la continuité et « le changement dans la continuité »… Tiens, je te rappelle (…)
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PARIS (20)
14 septembre 2011, par La rédactionLes prostitués du pouvoir, les nouveaux harkis et autres spécialistes ès flicage et magouille en tout genre craignent la subversion par-dessus tout. Rien n’est plus dangereux que de devenir les béni oui-oui de ces clowns en mal d’inspiration. Ils ont fait de l’Etat une vaste machine à briser les volontés saines du pays. Leur tendance à la malveillance appelle notre répulsion, non notre perplexité.
Ils ont semé une mauvaise graine : le népotisme tribal. Nous effacer et exécuter leurs (…) -
PARIS (19)
13 septembre 2011, par La rédactionPourtant, en relisant ta lettre, tu ne manques pas de m’apostropher net : « Se réinsérer, tu parles. C’est absolument impensable pour toute personne ayant atteint un tel degré de conscientisation, de maturité intellectuelle et qui a voyagé. Donc à même de juger, d’analyser et de conclure du fait qu’elle dispose de pôles de comparaison et de références.
« Par ailleurs, à mesure que le temps passe, le déphasage pour nombre d’intellectuels se fait ici plus aigu. Déphasage multiforme. La (…) -
PARIS (18)
11 septembre 2011, par La rédactionJe relis ta lettre truffée de pessimisme lucide. De peptimisme. Je te comprends, cher ami, peut-on s’empêcher d’être pessimiste lorsqu’on est confronté à une situation qui ne prête guère à l’optimisme. Seule notre lucidité nous empêche de sombrer dans le coma de l’indifférence. Pourtant, ta lettre ressemble à un tract. Tu me dis : »La situation se résume à un mot : fiasco ». Je pense que le problème n’est pas très différent pour nous, étrangers à Paris. Sous des airs de dévote, la ville (…)
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PARIS (17)
9 septembre 2011, par La rédactionCher ami,
Tu me demandes de te parler du bled. La situation se résumé à un mot : fiasco. Oui, vois-tu et sans exagération aucune, fiasco généralisé.
Sacré veinard que tus es, tu passes par des hauts et des bas. Ici, il n’y a que des bas.
A mon sens, le plus grave demeure le fiasco concernant l’homme qui aurait dû être forgé selon l’adage chinois : donnes-lui un poisson, il se nourrira une fois ; apprends-lui à pêcher il se nourrira toute sa vie. Il n’a pas été mûri pour (…) -
PARIS (16)
7 septembre 2011, par La rédactionL’un d’eux me confia : J’étouffe. L’agonie pointe à l’horizon. Perspectives bouchées par mes soupirs. Journées interminables. Ennui terrible. Les instants qui me restent à vivre sont devenus des barreaux. Le calvaire fait irruption en moi et bâtit sa toile d’araignée. Patiemment mais sûrement. C’est tout juste si mes râles ne trouent pas mon gosier. Les battements de mon cœur résonnent dans ma chambre. Une cellule en vérité. De plus en plus. Un ciel obscurci par des nuages menaçants. Encore (…)
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